Comment trouver un emploi en tant que Français au Maroc ?

17 novembre 2019 0 Par Hicham

Un sujet très sensible est celui de trouver un travail au Maroc en tant que Français ; mais, même avec le taux de chômage élevé et la préférence nationale, vous pouvez garder l’espoir car n’oubliez pas que le Maroc est un pays en pleine expansion industrielle et économique. En outre, le statut de francophone natif peut être un (petit ou gros) avantage vu que la langue française est très utilisée dans les entreprises du secteur tertiaire.

Alors comment faire pour trouver un emploi durable au Maroc ?… et concernant le travail et le titre de séjour, quels sont les conseils et les démarches pour être en règle ?

Ce qu’il faut savoir avant de chercher un emploi au Maroc

Légalement, trouver un emploi au Maroc est lié à l’obtention du titre de séjour. D’ailleurs j’ai écrit un article à propos des documents nécessaires à présenter aux différents services de l’Administration marocaine.

En accord avec la législation marocaine la durée hebdomadaire de travail est de 44 heures, soit 191 heures/mois et donne droit à 4 semaines de congés annuels pour 12 mois travaillés. Les contrats sont en CDI (voir paragraphe suivant ANAPEC et CTE).

Après avoir trouvé un employeur éventuel, l’étranger doit déposer une demande de titre de séjour si ce n’est déjà fait, et passer par la procédure de l’ANAPEC (l’Agence Nationale de Promotion des Emplois et des Compétences) – équivalent par beaucoup d’aspects à l’ancienne ANPE française – qui étudie la recevabilité de la demande d’embauche, et dans l’affirmative transmet le dossier au ministère du Travail. Les délais administratifs peuvent prendre plusieurs mois !

Si la procédure aboutit, l’étranger requérant obtient du ministère du Travail une autorisation de travail appelée ’’contrat de travail d’étranger’’ (CTE) qui est un accord bipartite co-signé par le demandeur et employeur. Celui-ci doit faire chaque année une demande de renouvellement du contrat à l’ANAPEC. Au 4e renouvellement, cette autorisation de travail peut être accordée pour une durée de 5 à 10 ans.

À savoir : les contrats de travail entre employeur et salarié sont souvent des CDI, mais dans la réalité on peut dire que ce sont des CDD de 1 an renouvelables puisque c’est l’autorisation de travail d’une durée de 1 an délivrée aux étrangers par le ministère du travail (’’contrat de travail d’étranger’’ CTE) qui prime, et le non renouvellement de cette autorisation met fin d’office au contrat liant un employeur marocain et son salarié étranger, même si le CDI est d’une durée plus longue !

Il existe au Maroc l’Association de Défense des travailleurs Français et Européens résidant au Maroc (ADFEM), créée en 2015 pour défendre les droits des salariés.

Où et comment chercher un travail au Maroc ?

  • Les agences d’intérim sur place au Maroc.
  • Les sites web sur l’emploi.
  • Postuler directement dans les rubriques contact des entreprises.
  • Le bouche à oreille : un bon moyen de trouver… mais généralement il ne reste efficace que pour certains postes ou emplois peu qualifiés, pour les autres demandant une certaine connaissance ou technicité c’est le réseautage socioprofessionnel qui fonctionne le mieux (cf. ci-dessous).
  • Le réseautage grâce à des groupes privés et des séminaires.
  • Utiliser les réseaux sociaux comme LinkedIn et Facebook.

Quels sont les secteurs qui recrutent au Maroc ?

  • L’aéronautique : Boeing, Airbus, Bombardier…
  • L’automobile.
  • NTIC / Offshoring : Internet, les télécommunications, les nouvelles technologies, la création de logiciels.
  • Le commerce et distribution.
  • Les service aux entreprises : la formation des dirigeants et l’équipement en numérique.
  • Le secteur digital comme la ’’community management”.
  • Le tourisme.
  • Les centres d’appels : ils ont une mauvaise réputation, pas toujours bien fondée, à cause des conditions de travail assez contraignantes – souvent un environnement sonore, répétitivité de la tâche (même discours écrit rabâché des dizaines de fois par jour), stress…– mais relativement bien compensées par les conditions financières – salaires de départ plus élevés que la moyenne des emplois et postes, primes diverses, etc.
  • Les centres d’appels : ils ont une mauvaise réputation, pas toujours bien fondée, à cause des conditions de travail assez contraignantes, mais c’est l’un des secteurs les plus performants au niveau du recrutement et de la création d’emplois malgré le turn-over important, et pour un francophone natif ils peuvent représenter un ’’job’’ parfait pour commencer au Maroc puisque l’un des critères demandés est la maîtrise de la langue française.

Créer son entreprise au Maroc, une autre alternative ?

Il existe tous types de sociétés au Maroc, de la Sarl au statut d’auto-entrepreneur en passant par l’entreprise individuelle.
Mais certaines professions libérales sont interdites aux étrangers : activités d’assurance at activités comptables, juridiques et financières, activités immobilières, activités du secteur médical et de la santé, activités liées au bâtiment et à la construction. De même, un étranger/une étrangère ne peut posséder une terre agricole sauf s’il/si elle est marié(e) avec une/un Marocain.

Opportunités d’affaires au Maroc

Plusieurs conditions sont réunies pour y ’’monter un business’’ :
– le Maroc est le pays africain qui attire le plus d’investissements grâce à son climat et surtout à sa stabilité politique.
– le pays a beaucoup investi dans ses infrastructures de transport, notamment les autoroutes et le TGV Casablanca-Tanger.
– des grandes villes ont créé des nouvelles zones d’activité économique ou des zones franches (Tanger, Rabat…) pour inciter et favoriser les implantations d’entreprises nationales et étrangères.
Parmi les activités ou secteurs porteurs :
– le tourisme qui reste l’un des 1ers avec la gérance des riads et maisons d’hôtes à condition de proposer quelque chose d’innovant ou des prestations et services de grande qualité réservés à une ’’certaine clientèle’’ car, avec de plus en plus d’investisseurs et d’acteurs économiques, le marché atteint la limite de saturation et les intervenants de gamme moyenne connaissent des difficultés.

– les salles de massage et SPA, le concept du bien-être grandit jour après jour, il attire de nouveaux clients… mais également de nouveaux intervenants sur ce marché !
– l’épicerie française et l’épicerie fine : segment très peu présent dans le commerce de l’alimentaire, à développer avec des produits typiques comme la charcuterie porcine, les vins du terroir et AOC, certains fromages, en bref tous ces articles difficiles à trouver en grande surface ou proposés à des prix déraisonnables.
– Les énergies renouvelables, secteur dans lequel le Maroc croit beaucoup.

Être salarié ou entrepreneur au Maroc ?

La décision, personnelle, doit être mûrement pensée et réfléchie, mais souvenez-vous que :
– être salarié au Maroc n’a rien à voir avec ce que vous avez connu dans votre pays : heures supplémentaires non payées, pas d’indemnités de chômage, salaires généralement inférieurs pour le même poste ou les mêmes qualifications, contrat de travail (droit des entreprises) soumis à une autorisation de travail (droit administratif).

– l’entreprenariat offre de réelles possibilités d’investissement mais le secteur économique devra être choisi avec soin, et l’activité être novatrice. De plus, le système économique marocain, surtout aux niveaux bas de l’échelle, est fortement marqué par des ’’habitudes commerciales’’ surprenantes pour un Européen : intermédiaires multiples, recommandations, absence de contrats liant deux partenaires « fournisseur-client », etc.

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